19 novembre 2009

L'écumoire

 Au dessus de leurs pommettes commençait une confucius
écumoire. Les grains de beauté et les taches de rousseur, qui avaient jadis régné sur cette région de leur figure, étaient éclipsés par de petits trous qui descendaient sur leurs joues, jusqu'aux commissures de leurs lèvres, en vagues et remous, avant de remonter sur les ailes de leur nez (où, précisément, il y en avait huit, un chiffre favorable pour les chinois), en formation plus serrée que ne le prétend la version officielle, consignée dans les Annales des Ming. Ces huit trous, disposés de la même façon sur leurs cinq appendices nasaux, témoignaient de la ressemblance parfaite entre l'Empereur et ses sosies. Puis l'écumoire se propageait sur leurs mentons, disparaissait dans les plis de leur peau et ressurgissait sur leurs cous. Telle était la carte topographique de leurs visages, ces cinq terrains pareillement accidentés.

Dai Sijie - L'acrobatie aérienne de Confucius
Texte proposé par Annick, du blog "En cheminant"

Posté par madamedekeravel à 07:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur L'écumoire

Nouveau commentaire