24 avril 2009

Pour faire le portrait d'un oiseau

En temps de disette (pour cause de vacances) on peut publier une crotte intellectuelle rayée en hélice (comme sur la minute encyclopédique) ou on peut faire appel à un classique. Mais les classiques classiques, on ne s'en lasse pas ! Pour faire le portrait d'un oiseau Peindre d'abord une cageavec une porte ouvertepeindre ensuitequelque chose de joliquelque chose de simplequelque chose de beauquelque chose d'utilepour l'oiseauplacer ensuite la toile contre un arbredans un jardindans un boisou dans une forêtse cacher derrière... [Lire la suite]
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16 avril 2009

Indifférence par Papet Croûton

Un dimanche à Toulouse en 1963 - papet Croûton (clic pour agrandir) Photo pour laquelle je garde une grande tendresse.Je suis tombé en arrêt devant ce marchand de journaux endormi à l'entrée d'une pharmacie. Des gens (biens ?), indifférents, discutent en écrasant ses quotidiens, tandis qu'une affichette sur la porte indique "Nouvelle technique".
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13 avril 2009

La Scapigliata

Si tu disposes d’une cour que tu peux à ton gré couvrir d’une tente de toile, la lumière sera excellente ; pour un portrait, peins-le par temps gris, au crépuscule, le modèle appuyé au mur de la cour. Observe dans la rue, à la tombée du soir, les visages des hommes et des femmes – quelle grâce et quelle douceur ils révèlent. Donc, ô peintre, aie une cour avec des murs noirs et un toit formant légèrement auvent. Elle mesurera 10 brasses de large, 20 de long, 10 de haut ; et aux heures de soleil, déploie au-dessus d’elle la tente ;... [Lire la suite]
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04 avril 2009

Elle... par Chriscot

Elle était appuyée contre un des piliers du préau. De grosses larmes coulaient le long de sa joue rougie qu'elle essuyait d'un revers de blouse. Je me suis approché d'elle et en souriant je lui ai dit: "Ben pourquoi tu pleures ? Tu as perdu quelque chose ?" Elle a levé les yeux sur moi et plantant son regard dans le mien comme deux baïonnettes aiguisées, en détachant très lentement chaque syllabe, elle m'a répondu : "Mon père est mort hier." Chriscot
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31 mars 2009

metaportrait

ou le portrait de la portraitiste... Madame Tilu s'expose ! va voir les détails sur son blog.
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27 mars 2009

Vénus par Med'celine

Je souffre, le sais-tu ? Crois-tu qu'il soit simple de porter sans douleurs le fardeau de mes chairs ? Regarde-moi, homme ! Que vois-tu ? Un objet de désir aux rondeurs affolantes ? Une femme aux surplus avantageux ? Tu es comme les autres ! Un égoïste imbu de mon corps, éperdu de mes charmes callipyges !Le monde entier m'adule, mais moi, je souffre. Du matin au soir, et du soir au matin. Mes os n'en peuvent plus de me porter. Mon dos n'est qu'un arc de souffrance tendu vers sa propre fin. Mes épaules s'affaissent sur mes seins trop... [Lire la suite]
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24 mars 2009

Victor, par Nonjean, par papy Jeanjean

Jean parlait souvent d'un ancien : le Nontor. Non pour Nonon et Tor pour Victor. Grand buveur devant l'éternel, ce brave homme avait une disgrâce physique : il disposait d'un appendice nasal pour le moins proéminent qui faisait penser à une énorme fraise bonne pour le concours agricole.Il racontait qu'il avait combattu à Salonique et qu'il y avait reçu un éclat d'obus en pleine face. Conduit à l'hôpital de campagne, le chirurgien, « saoul comme un cochon », lui avait greffé un testicule à la place du nez manquant. Les soirs de grande... [Lire la suite]
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21 mars 2009

Nonjean par papy Jeanjean

Pas très grand, pas très beau, pas très riche, même carrément pauvre, Jean, que tous les proches de Repaix, appelaient Nonon Jean ou bien Nonjean*, avait un cœur plus gros que ça. Sa démarche de paysan usé par les années à retourner cette lourde terre lorraine était reconnaissable entre mille. Une paire de lunettes rafistolée avec du sparadrap et une tenue négligée lui donnaient l’air d’un ahuri qu’il n’était surtout pas. C’était un célibataire endurci : de femme, point de connue. Pourtant, à en juger le niveau sonore des pleurs le... [Lire la suite]
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15 mars 2009

Benito par Guillermo Fadanelli

(...) il convient que je me décrive. Je ne vais pas commencer par les renseignements insignifiants que sont le nom ou le métier, mais par les accidents qui, d'après moi, marquent réellement un homme. Je veux parler de la taille, des maladies et du degré de barbarie. Concernant le premier point, je mesure un mètre quatre-vingt, ce qui fait que je me sens à l'aise, car j'ai vu les caractères les plus aberrants et les personnalités les plus détestable incarnés dans des corps de faible taille. Je ne donnerai pas d'exemples historiques,... [Lire la suite]
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06 mars 2009

Daniel par madame de K

C’était mon cousin, Daniel. Déjà en avant à l’époque, sur le devant de la scène. Toujours plus brillant que moi, plus beau parleur, plus séducteur. Il captait l’attention. Des parents d’abord, des oncles, des tantes, de grand-maman, il était le chouchou de grand-maman. Puis c’est l’attention des filles qu’il captait. Je n’allais plus dans les boums avec lui, sinon pas moyen de draguer. Et si j’arrivais seul j’avais droit à : « Il n’est pas venu ton cousin ? » Il aurait pu faire acteur. Il a fait Sup de Co à Bordeaux, une brillante... [Lire la suite]
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