17 janvier 2009

autre point de vue par Berthoise

La peinture de Choule[bnkr] a aussi insipé Berthoise : J'ai laissé mon costume au vestiaire, avec le cadavre et les dominos. Après tout ce n'était qu'un prétexte, je suis là bien en chair. Il est là, chaud, vivant dans mon dos. Cette idée de soirée costumée, autour d'une bouteille, en jouant aux dominos : c'était suffisamment loufoque pour lui plaire. J'ai quitté mes oripeaux de charogne, il s'est défait de ses atours de vautour, grandes plumes et bec crochu. Je suis au creux de son ventre chaud, je suis là bien en... [Lire la suite]
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15 janvier 2009

autre point de vue par madame de K

Pour changer un peu la technique, j'ai proposé à Choule[bnkr] d'écrire moi-même un deuxième portrait en m'inspirant de sa peinture (publiée le 12 janvier). Elle rôde, elle rampe, précédée de son odeur de charogne. Son corps décharné, couleur de malheur, pétrifie d’angoisse qui la voit. Ses doigts griffus s’agrippent au sol comme si elle voulait en déchirer la peau. Elle maraude, à l’affût d’âmes à dévorer, éternelle affamée. Comme si la vie n’était qu’un jeu. Comme si le mal pouvait la rassasier. Comme si les gens heureux n’étaient... [Lire la suite]
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02 janvier 2009

Jonathan par Katherine Mansfield

Qu'est-ce qu'avait donc Jonathan ? Il manquait d'ambition ; c'était cela, supposait-elle. Et cependant, on sentait qu'il avait des dons, qu'il était un être exceptionnel. Il aimait la musique avec passion ; il dépensait en livres tout l'argent dont il pouvait disposer. Il était toujours plein d'idées nouvelles, de projets, de plans. Mais rien de tout cela n'aboutissait. Le feu nouveau flambait en lui ; on croyait presque l'entendre gronder doucement tandis qu'il expliquait, décrivait, s'étendait sur la vision neuve ; mais un instant... [Lire la suite]
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18 décembre 2008

Apolline Mascarin par Clarinesse

Comme tout un chacun, Apolline Mascarin n’a qu’une vie. Mais elle ne cesse d’en vivre mille. Et c’est lourd à porter, mille vies.Non point que l’existence d’Apolline Mascarin soit particulièrement trépidante. Mais elle hésite. Elle tergiverse. Elle atermoie. Elle temporise. Elle vit et revit les vingt-cinq prochaines années chaque seconde. C’est épuisant ! À côté, ce qu’accomplit Jack Bauer en vingt quatre heures, ça relève de l’atelier pâte à modeler de petite section de maternelle. Z’avez déjà essayé de faire tenir un quart de... [Lire la suite]
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13 décembre 2008

Diane par Frédéric Meurin

Les reflets les plus sombres de ses frisettes venaient parfois se perdre devant les yeux toujours rieurs de sa frimousse. En été son rire cascadait, rafraîchissant. En hiver, il m'aurait évoqué les grelots d'un Père Noël un peu en avance, de ceux qu’on voit dans les hivers des films « époque ». Je sais c'est con comme image. J’aurais aimé vous y voir. Bien campée dans ses baskets, toujours fringuée comme si elle revenait d’un ashram ou d’une bergerie dans le Larzac, elle alternait les moments de réflexion quasi dépressive sur la... [Lire la suite]
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08 décembre 2008

Lisa par Bibi

Quelquefois, quand j’allais chercher Martin à l'école, il me faisait attendre, continuait le petit jeu commencé. Ca ne me dérangeait pas tellement d'attendre un peu. Et, bien souvent, un petit bout de croûton se plantait devant moi. Elle me regardait, de bas en haut, demandait : « Elle va venir, ma maman ? C'est pas toi, ma maman ? » S’arrangeait toujours pour être mal culottée, mal ajustée, mal ceinturée. M’appellait à l'aide. Alors, je me mettais à genoux, et j'obéissais. Pendant que je m'exécutais, derrière les hublots rouges,... [Lire la suite]
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03 décembre 2008

L'importune par Berthoise

Je traverse son espace, et lui dis bonjour en passant. Elle me répond le dos tourné, occupée à des tâches de dernière minute. J'entends ses pas qui claquent dans le couloir, secs, rapides, serrés. Elle parle seule. Elle arrive vers moi en continuant une phrase dont je n'ai pas entendu le début. C'est une question et elle attend une réponse. Je lui demande de répéter, elle repart en soufflant et dit qu'elle se débrouillera seule. Elle crie de loin, je ne comprends pas, je m'approche et tente de savoir son souci. Elle... [Lire la suite]
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28 novembre 2008

la femme capivome par Aram

Un corps beau dans un corsage. C'est celui de la femme capivome. De sa large bouche sort une tignasse rousse comme les terres de sienne où au creux de l'hiver les plaqueminiers se grappent de kakis d'or. A cette filasse buccale se mêlent les objets de la nature : feuilles mortes et animaux vivants qui traînent au devant d'elle lorsqu'elle évolue à reculons. Un bestiaire mystique compose la faune de cette forêt cuivre qui croît comme les arbres poussent. Des nuées d'insectes grouillent sur son visage composant l'imago cannibale qui... [Lire la suite]
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24 novembre 2008

coquelicot

Une brune piquante, en robe rouge, exhibe ses charmes aux passants. Son corset très (trop ?) serré donne à son corps l'aspect du coquelicot fané, les pétales froissés retombant en une corolle molle et sanguine autour du pistil raide et hiératique de son torse.Si ce corset souligne d'un côté la finesse de la taille, il met en valeur de l'autre ses seins qui émergent tels deux globes de son décolleté. Ils sont présentés comme deux bijoux précieux dans l'écrin de velours bordé de dentelle de son décolleté. Ou comme deux pâtisseries... [Lire la suite]
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20 novembre 2008

L’inconnue au regard triste par JPR

En commission, en réunion de groupe, en séance plénière, elle est toujours là, timide et rêveuse. Son regard perdu au-dessus de nos têtes semble voir des images qui ne sont visibles que pour elle. Sa beauté discrète et son triste sourire sont profondément émouvants mais personne n’y prête réellement attention et je n’ai toujours pas osé lui demander son nom… Elle, par contre, sait tout de nous. Sa distraction n’est qu’une apparence. Elle observe, écoute  et se souvient du moindre mot que nous ayons prononcé. Elle est la... [Lire la suite]
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